Troisième degré

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Résolution de l'équation du troisième degré. Démonstration.

Dans la démonstration qui suit, on ne travaillera que dans les nombres réels; excepté lors de la détermination des deux racines complexes lorsque le réalisant est positif. Cette contrainte de rester dans les nombres réels peut allonger certaines parties (comme la détermination de la racine double dans le cas où le réalisant est nul), mais rend la démonstration d'autant plus rigoureuse.

Soit à résoudre l'équation

       (1)

Divisons par a qui est non nul

       (2)

Posons . (3)

En remplaçant x dans (2) et en développant

Posons

On a donc la nouvelle équation sans terme en X2.

       (4)

Posons X=u+v. On peut réécrire (4) en

La dernière expression s'annule lorsque

         (5)

on peut élever la première au cube (comme nous sommes dans les réels - voir remarque en haut de la page - la racine cubique étant unique cela ne pose pas de problèmes, si on était dans les complexes il faudrait prendre plus de précautions car la racine cubique n'est plus unique).

          (5b)

Ou bien en posant U=u3 et V=v3,

       (6)

Pour résoudre ce système, on pose

On a trois cas.

A) Δ=0.

Dans ce cas

Mais comme Δ=0, cela implique que p soit négatif car

De plus l'égalité précédente permet aussi d'écrire

Et donc d'avoir

On a donc trouvé une des solutions de l'équation.

Cherchons les éventuelles autres solutions.
Comme nous avons une des racines on peut diviser le polynôme (4) par X-X1, en remarquant que 9q2/p2=-4p/3 (en effet Δ=0, donc q2=-4p3/27)

On effectue la division

On trouve donc que

résolvons l'équation du second degré, son réalisant est .

La racine double de cette équation est .

On a donc trouvé les racines de (6) (une simple et une double) qui sont

Et enfin les solutions de (1) en utilisant la formule (3).

(Bien sûr en passant par les complexes on peut être plus concis)

B) Δ>0.

Prenons une des deux solutions possibles du système (6) (voir ici)

En prenant la racine cubique unique, on trouve la fameuse formule dites de Cardan.

         (7)

Il reste à trouver les deux autres racines éventuelles.

De (5), on peut écrire le polynôme (4) sous la forme

Dont une racine est u+v. Faisons la division par X-(u+v).

Donc

Il reste à résoudre l'équation du second degré.

Remarquons d'abord que

Ce qui permet de réécrire l'équation sous la forme

         (8)

Le réalisant de cette équation est

qui est négatif, donc l'équation (4) n'admet pas d'autres racines réelles que (7), mais toutefois elle possède deux racines complexes qui sont solution de (8) et qui valent

Finalement en remplaçant les valeurs de u et v par les formules (7) en utilisant

On trouve

Les racines de (1) sont calculées en utilisant la relation (3).

N.B.: Et nous n'avons eu besoin des nombres complexes que pour exprimer les valeurs finales...

C) Δ<0.

Malheureusement, dans ce cas, c'est nettement plus compliqué si l'on s'impose de ne pas passer par les complexes.

Nous allons utiliser la trigonométrie pour résoudre l'équation (4).

Mais il fait d'abord démontrer deux petits lemmes

Lemme 1.

Si Δ<0, alors p<0.

En effet

c.q.f.d

Lemme 2.

Si Δ<0, alors .

En effet,

c.q.f.d

En trigonométrie on a la formule:

       (9)

(Comme c'est généralement le cas dans les cours de trigonométrie élémentaire, vous n'avez vu que les formules cos(a+b), cos(2a), cos2a+sin2a=1, mais pas cos(3a) - sauf en exercice -
Voilà comment vous pouvez montrer cette formule:
)

De (9) on a la formule

         (10)

Introduisons deux nouvelles inconnues A et θ en posant

             (11)

Et remplaçons dans (4), on trouve

En utilisant (10)

Pour trouver A et θ, on peut imposer que dans l'expression précédente on ait

Ce qui résoudrait l'équation (4).

Comme le lemme 1 nous dit que p<0, On calcule

Grâce au lemme 2, on sait que l'angle θ existe si Δ<0.

L'angle θ peut avoir une infinité de valeurs, car en trigonométrie on a

     (12)

et donc

posons

la détermination principale de l'arc cosinus (c'est-à-dire φ compris entre 0 et π)

De (11) on déduit la formule générale de toutes les racines X de l'équation (4), soit

Mais de (12), on voit qu'il n'y a que trois valeurs possibles qui sont

Ce sont donc les 3 racines réelles de l'équation (4).

De la relation (3), on trouve les racines de (1).

 

Même démonstration en passant par les nombres complexes.

Si on travaille dans les complexes, le système (5b) admet 9 solutions distinctes, car tout nombre possède trois racines cubiques.

Si U=u3, et V=v3 alors u et v auront chacun trois valeurs possibles

j et j2 sont les racine cubiques complexes de l'unité.

Ce qui donne 9 solutions possibles pour le système (5b).
Pour lever l'ambiguïté on utilisera la première équation du système (5).

Voyons les trois cas possibles suivant le signe de Δ.

A) Δ=0.

Dans ce cas

Dont les 3 racines cubiques sont

A partir de la première équation de (5), on a les trois valeurs correspondantes de v.

Or de Δ=0, on a

En remplaçant dans les expressions précédentes

Et de là on trouve les 3 racines de (4)

B) Δ>0.

Dans ce cas on prend pour u1 la racine cubique réelle du nombre U, et pour v1 la racine cubique réelle de V.

Sachant que le produit uv doit être réel et que j et j2 sont les racines cubiques de 1, on peut donc prendre comme solutions de (5).

Et on en déduit les 3 racines de (4)

C) Δ<0.

Dans ce cas U s'écrit

Ce qui donne sous forme trigonométrique

Les trois racines cubiques de U sont

De (5) on a les valeurs correspondantes de v.

De Xi=ui+vi, on trouve les racines de (4)

Égyptien Akkadien Polyèdres Éros et Psyché 
Dernière mise à jour, le 29 Janvier 2007